Marketing à la plage

10 avril 2008

J’en parlais récemment avec ma copine la Licorne Rose Invisible (que jamais l’Avoine Ne Vienne A Lui Manquer), quand tu décides de devenir Dieu Unique, le plus dur, au début, c’est de décrocher tes premiers fidèles. Une fois que t’es un peu connu, ça va tout seul, ils construisent des églises, organisent des guerres saintes et tu n’as plus besoin d’investir beaucoup dans le marketing, mais se mettre à son compte, c’est pas évident.

Quand tu te lances, au début, tu tombes sur plein de gens qui prétendent t’aider mais essaient juste de t’arnaquer. des conseillers en animaux extraordinaires, des experts ès miracles… au début tu trouves leur discours convaincants, puis tu te demandes pourquoi, si ils connaissent si bien le domaine, ils n’ont jamais créé leur propre vie. Je me suis fait rouler une fois, je me suis fait refiler tout un stock d’animaux totalement inutilisables, jolis, mais va survivre avec un cou de 12 mètres de long. Après j’ai été obligé d’envoyer un énorme météorite pour m’en débarrasser, et j’ai toujours pas réussi à me faire rembourser.

J’en connais quelques-uns, sous prétexte que Papa était déjà dans la profession, dès le début c’est un déluge d’effets spéciaux. Et vas-y que je me transforme en pluie d’or ou en taureau… Mais si tu es un Dieu autoproduit, il faut plutôt miser sur la qualité pour démarrer. Au commencement, j’étais un peu plus agressif sur le marketing (d’ailleurs les 10 commandements, vous avez pris ça pour argent comptant, mais en réalité, c’était ma première plaquette commerciale).
Quand j’exauçais une prière, j’envoyais ensuite un formulaire à remplir pour évaluer le degré de satisfaction des fidèles. Mais tu sais ce que c’est, les gens oublient de renvoyer les formulaires, même quand tu leur proposes en plus de gagner un prix spécial genre le feu ou leur poids en ornithorynques. Quand ils me quittaient pour une autre religion, je leur téléphonais personnellement pour leur demander les raisons de ce choix. Une habitude vite abandonnée parce que le téléphone n’avait pas encore été inventé, du coup les sonneries foutaient une trouille bleue aux gens. A l’époque d’ailleurs, j’avais un peu tendance à exagérer les effets pyrotechniques. (Vous savez bien comment ça se passe, quand vous démarrez dans un métier, vous avez tendance à vouloir en mettre plein la vue à vos vieux collègues).
Par exemple j’avais pensé mettre en place un service de boules de feu personnalisées sur commande.
Cette idée n’a pas du tout plu au petit. Soit disant que l’étude de marché qu’il avait mené auprès de la tranche des 20-50 ans de notre population cible avait démontré que les gens préféraient les miracles artisanaux, surtout ceux à base d’aliments. Je crois que c’est à ce moment là que j’ai décidé de l’envoyer s’occuper de la prospection commerciale et je dois vous avouer que je n’ai pas été déçu.

Pendant la traversée du désert, quand j’ai envoyé la Manne aux hébreux affamés, j’ai glissé des cartes de visite aussi dans les paquets. “Retour de l’être aimé, désenvoûtement, cors aux pied, résurrection, pluie de sauterelles, multiplication des pains ? Dieu résout tous vos problèmes instantanément.”